El Independiente
La directrice exécutive de l’IEAM analyse les limites du modèle italien en Albanie, les faibles taux de retour en Europe et les garanties qui doivent accompagner tout mécanisme de transfert vers un pays tiers.
18 JUIN 2026 · Équipe IEAM · 5 min de lecture
Beatriz de León Cobo, directrice exécutive de l’Instituto Español de Análisis Migratorio —IEAM—, a contribué à un reportage d’El Independiente sur l’évolution de la politique européenne de retour et la possibilité que d’autres États membres développent des mécanismes inspirés des centres italiens en Albanie.
Ce débat intervient alors que l’Union européenne cherche à améliorer l’efficacité des procédures de retour et à explorer de nouvelles formes de coopération avec les pays tiers.
Des décisions de retour à leur exécution
L’un des principaux défis de la politique migratoire européenne est l’écart entre les décisions de retour adoptées et celles effectivement exécutées. Seule une partie des ressortissants de pays tiers faisant l’objet d’une décision de retour sont effectivement renvoyés dans leur pays d’origine.
Les difficultés d’identification, le manque de coopération effective de certains pays d’origine et les contraintes juridiques et diplomatiques contribuent à expliquer cette situation.
Évaluer l’expérience italienne en Albanie
Le reportage analyse les centres de Shengjin et de Gjader établis par l’Italie en Albanie, dont le modèle a été modifié à la suite de différentes décisions judiciaires.
Selon Beatriz de León Cobo, l’expérience italienne fournit des enseignements à étudier avant de chercher à la reproduire à l’échelle européenne. Il ne suffit pas de déterminer si une mesure est juridiquement possible : il faut aussi évaluer son efficacité opérationnelle, ses coûts et ses résultats concrets.
Évaluer les risques individuellement
L’élargissement des mécanismes faisant intervenir des pays tiers dans les procédures migratoires européennes constitue un autre enjeu central. Considérer un État comme sûr ne supprime pas l’obligation d’évaluer les circonstances individuelles de chaque personne.
La nationalité, l’origine, le profil politique, le genre ou d’autres caractéristiques peuvent entraîner des risques spécifiques, même dans un pays généralement considéré comme sûr. Tout mécanisme de transfert ou de retour doit préserver les garanties prévues par le droit européen et international.
Concilier efficacité et garanties
Pour l’IEAM, le défi est d’éviter aussi bien un système incapable d’exécuter ses propres décisions qu’un modèle cherchant à gagner en efficacité en affaiblissant les garanties individuelles.
Les politiques de retour nécessitent des accords opérationnels avec les pays d’origine, des procédures administratives rapides et des mécanismes de contrôle adaptés. Elles doivent aussi garantir qu’aucune personne ne soit envoyée dans un lieu où elle pourrait subir des risques incompatibles avec les obligations européennes de protection.
Le reportage a été publié par El Independiente le 18 juin 2026 sous le titre Así son los centros para inmigrantes de Meloni en Albania que la UE quiere replicar en otros países.

