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Approche fondée sur les itinéraires : réduire les flux visibles ou réduire les vulnérabilités ?

Résumé exécutif

Ce Policy Paper présente des orientations stratégiques visant à réduire les vulnérabilités le long des routes migratoires et à affaiblir les économies criminelles qui les structurent, en dépassant une approche centrée uniquement sur la diminution des flux visibles. Son objectif est de promouvoir une stratégie cohérente qui associe la protection des personnes migrantes à la lutte contre leur exploitation.

Le document s’appuie sur les travaux de l’Institut espagnol d’analyse des migrations (IEAM) et sur un atelier d’intelligence collective organisé à Rome, à l’Université Niccolò Cusano, conjointement par l’IEAM et le centre de recherche italien indépendant AMIStaDeS.

L’atelier a réuni des représentants d’agences des Nations unies, d’institutions européennes et de ministères nationaux, des organisations humanitaires et de la société civile, des entreprises ainsi que des experts africains. Cette diversité a permis de confronter les perspectives institutionnelles, opérationnelles et analytiques sur les corridors migratoires euro-africains, d’identifier des points de convergence et de formuler des recommandations afin d’améliorer la cohérence entre les politiques de sécurité, humanitaires et de développement.

L’analyse considère les routes migratoires comme un système régional intégré, comprenant les mouvements réguliers et irréguliers. Les politiques centrées sur les contrôles de sécurité en des points isolés tendent à déplacer les corridors, à augmenter les coûts du transit et à transférer les risques vers des segments moins surveillés, sans réduire les incitations économiques sous-jacentes.

À cette dynamique de déplacement s’ajoute une vulnérabilité cumulative. À mesure que les parcours s’allongent, les personnes en mouvement subissent une dégradation progressive de leur santé physique et mentale, un endettement coercitif envers les réseaux de facilitation et des formes d’exploitation spécifiques au genre.

Les économies de transit impliquent également un large éventail d’acteurs, des réseaux criminels à certains acteurs quasi étatiques, dont la rentabilité peut se renforcer à mesure que la pression sécuritaire augmente.