Résumé exécutif
Ce document d’orientation propose des lignes directrices stratégiques visant à renforcer la cohérence de la diplomatie migratoire entre l’Union européenne et ses partenaires africains, en dépassant une approche axée uniquement sur la gestion des flux pour promouvoir une vision plus intégrée et durable de la mobilité.
S’appuyant sur les travaux de l’Institut espagnol d’analyse des migrations (IEAM), ce document est le fruit d’un atelier d’intelligence collective organisé à Rome conjointement par l’IEAM et le centre de recherche italien indépendant AMIStaDeS.
L’atelier a rassemblé un large éventail d’acteurs clés, notamment des représentants d’agences des Nations unies, d’institutions européennes, de ministères nationaux, d’organisations humanitaires et de la société civile, ainsi que des experts africains. Cette diversité de participants a permis d’échanger des points de vue institutionnels, opérationnels et analytiques sur les dynamiques de mobilité euro-africaines. Elle a également contribué à identifier des convergences, à formuler des recommandations et à esquisser des pistes d’action visant à renforcer la cohérence stratégique entre les politiques de migration, de développement et de coopération internationale.
L’analyse présentée dans cette note d’orientation s’inscrit dans un contexte de profonde reconfiguration de la diplomatie migratoire euro-africaine, marqué par la mise en œuvre du Pacte européen sur la migration et l’asile, la multiplication des initiatives bilatérales et la recomposition géopolitique du Sahel et de ses routes migratoires. Dans ce contexte, la gouvernance de la mobilité souffre moins d’un manque d’instruments que d’un déficit de coordination stratégique : les initiatives s’accumulent en l’absence de cadre intégré, engendrant fragmentation, dynamiques de déplacement des itinéraires et instabilité dans les relations entre l’UE et l’Afrique. Cette fragmentation est accentuée par un décalage structurel entre les décisions politiques à court terme — dictées par les cycles électoraux et la pression médiatique — et les délais nécessaires pour agir sur des leviers structurels tels que l’emploi, la formation, la mobilité légale et la gouvernance.



